Vie au Dolpo

Ethnologiquement les Dolpo-pa sont des samadrok, des semi-nomades qui pratiquent la transhumance durant plusieurs mois de l’année, lorsque les montagnes sont libres de neige. Ce sont d’excellents éleveurs de bétail et de chevaux à l’égal des nomades du haut plateau tibétain ou de Mongolie.

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Ils cultivent aussi la terre durant le printemps et le court été himalayen. Seule pousse à ces altitudes l’orge, qui a constitué pendant des siècles la base de l’alimentation sous forme de grain grillé moulu (la tsampa), agrémenté de thé salé au beurre de dri (femelle du yak). Aujourd’hui la diète s’est enrichie d’un peu de légumes, grâce aux serres agricoles financées par Action Dolpo, mais elle s’est aussi dégradée par la consommation de produits chinois de qualité médiocre importés du Tibet sinisé.

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Yartsa Gunbu

Le Dolpo, protégé par les hautes montagnes qui ferment la région pendant les mois de glace, a vécu pendant des siècles sur un mode traditionnel millénaire d’origine tibétaine. La société était stable et les changements très lents, mais ces communautés ont connu un bouleversement important avec le surgissement dans leur vie paisible du commerce du Yartsa Gunbu (Ophiocordyceps sinensis), un champignon parasite d’une chenille récolté sur les hauteurs himalayennes et qui fait fureur dans les officines chinoises et coréennes. Ce fut aussi le surgissement de l’argent liquide dans les échanges commerciaux, basés autrefois sur le troc de marchandises et la confiance mutuelle.

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L’arrivée massive de cueilleurs issus de tout le Népal avec leurs modes de vie différents puis l’argent disponible issu de la ressource nouvelle pour les habitants, ont bousculé les traditions millénaires sur lesquelles reposait la société, et précipité celle-ci dans un changement rapide et incontrôlable, dont on mesure déjà les dégâts pour la communauté et sur la santé des habitants, sans pouvoir en compter les bénéfices réels, en dehors d’une apparente amélioration du niveau de vie.

Malgré tout, le Dolpo a gardé son charme et la vie continue à être rythmée par les labours de printemps, la transhumance, les caravanes de yaks et les fêtes religieuses de l’été, la moisson de l’orge blonde à l’automne et l’engourdissement des villages en hiver. Une vie rude mais paisible, dans un environnement inhospitalier mais d’une beauté spectaculaire.